« Si je t’écrivais, qu’est-ce que je pourrais bien te dire ? Des mots, rien que des mots… et je pourrais t’écrire tous ces silences qui se recouvriraient de gratitude et de tendresse, mais qui ne créeraient pas un mur entre nous. Il y a également cette pudeur qui fait que trop souvent je n’ose pas te parler, par respect, afin de ne pas envahir cette forteresse intérieure que tu as mis tant d’efforts à construire avec courage.
Il t’aura fallu le temps nécessaire pour que tu apprivoises cette « chose ». Que tu sentes au fond de toi qu’il était temps, que c’était juste et OK pour toi de dire.
Tu sais, il y a plusieurs années, une amie sentait le poids de l’injustice et de la colère. Elle devait à présent vivre avec la sclérose en plaques. Elle se confiait à moi et je sentais toute sa douleur, son angoisse et sa peur. Elle me disait que la vie n’avait plus de goût, ni même de sens.
Que pouvais-je lui dire pour adoucir sa peine ? Les mots sont impuissants parfois… même s’ils sont forts aussi. Pourtant, devant tant d’amertume et de révolte, je ne pouvais me résoudre à demeurer emprisonné avec elle dans cette toile gluante de plainte et de grisaille.
La seule chose que je lui avais dite furent ces mots : « Je sais que tout est noir. Cependant, une chose demeure certaine. Tu as la sclérose en plaques, oui. En revanche, tu n’es pas la sclérose en plaques. Celle-ci n’est qu’une maladie du corps… Tu es tellement plus ; tu es la vie. »
Un peu naïf, me diras-tu… ou encore un peu trop insensé, comme si c’était n’importe quoi. Peut-être que tu aurais raison de me dire ça. Ou bien peut-être que tu serais ok avec ce discours.
Ça aussi ça n’a pas tellement d’importance. Que tu me croies ou non, que tu adhères à ceci ou pas, ce n’est que relatif. Tout est différent et rien n’est en réalité ce qu’il semble être. Tout dépend de notre perception des choses et des vibrations qui en découlent. Certes, les maux du corps sont bien là, rongeant nos cellules et nous prenant nos énergies physiques.
Alors, que reste-t-il à faire ? Se révolter contre ce qu’on ne peut contrôler ? Se terrer dans une caverne où il fait noir et où la lumière se fait rare ?
Si je t’écrivais, ce ne serait pas pour te parler de morale ou de quoi que ce soit. Seulement pour te dire que tu n’es pas seule… que tu ne seras jamais seule et que je pense à toi. Du fond de ce jardin qui ne cesse de fleurir en moi, je t’envoie force, courage, solidarité, joie et affection.
N’oublie pas : tu es la vie. Garde ta flamme allumée, laisse briller cette lumière dans tes yeux et éclater cette joie d’être qui vit en toi. »
Au-delà de tout, il y a nous. Lorsque nous voyons ce qui se passe tout autour dans ce monde, on ne peut s’empêcher de se demander : où est notre humanité
Accepter ne veut pas dire approuver. Dans notre vie quotidienne, nous sommes souvent confrontés à des situations où nous devons agir face à des personnes ou des circonstances qui ne